Le sous-préfet en forêt de Wisches

Après une tournée en forêt domaniale du Donon le matin, Monsieur le Sous-Préfet de l’arrondissement de Molshein, Monsieur Saadallah, s’est rendu ce jeudi après-midi en forêt communale de Wisches guidé par l’Office National des Forêt, à savoir Béatrice Longechal (Directrice de l’agence de Schirmeck), Francis Meister et Sébastien Loux (respectivement responsable de l’unité territoriale de la Haute Bruche et Technicien forestier en charge de la gestion de la forêt communale de Wisches) .

Le thème abordé lors de cette journée a été l’équilibre sylvo-cynégétique.

Avec ses 1 514 hectares, la forêt communale de Wisches est la plus grande forêt communale de la vallée de la Bruche mais également une des plus touchée par le problème du déséquilibre sylvo-cynégétique.

André Schaeffer et Alain Huber (tous deux adjoints au maire de Wisches) ont pu souligner leur implication dans la gestion de cette forêt, notamment l’investissement important (110 000€ de travaux engagés en 2014) et constant depuis la tempête de 1999 (forêt très touchée par la tempête puisque 6,5 années de récolte y sont tombées, suivi par une récolte massive de scolytes entre 2003 et 2006, soit près 300 ha détruits). Les peuplements se sont donc fortement ouverts.

« La forêt est en premier lieu un patrimoine qu’il faut léguer aux générations futures » cite André Schaeffer. « Le fort investissement engagé aujourd’hui (ex : élagage) ne verra son résultat que dans plusieurs décennies ».

Sébastien Loux a rappelé que les enjeux de cette forêt sont multiples : économiques (production de bois), accueil du public (de nombreux sentiers du club vosgiens sillonnent la forêt ainsi que le sentier des sculptures et le sentier mémoriel des stèles), environnementaux (zones humides, érablaies d’éboulis, 340ha en Zone de Protection Spéciale pour le grand tétras, …) et paysagers (sommet du Petit Donon ou du Kohlberg) ; mais que, cependant, la problématique de renouvellement du sapin reste toujours d’actualité.

En effet, cette essence représentait, en 1972, 61% de la surface. Actuellement, il n’y en a plus que 26% essentiellement dans les bois d’age mûr. Seul 4% de la surface de la forêt comportent des semis de sapin. Le renouvellement de cette essence dite «objectif » n’est possible qu’avec des protections contre le gibier compte tenu du déséquilibre faune – flore très accentué.

Le premier arrêt s’est effectué en parcelles 2 et 3.

2 100 plants de douglas ont été plantés sur une partie de la trouée en 2010 et là, une nouvelle fois le constat d’échec au bout de 2 années était à nouveau présent. En 2011, la commune de Wisches a alors décidé d’engager les grands moyens et de clôturer cette plantation sur 1 hectare.

Bien que très coûteux (4 700€ la pose, suivie d’entretiens réguliers et du démontage par la suite), ce moyen de protection s’avère plutôt efficace et le Sous-Préfet a été stupéfait en comparant la végétation à l’intérieur et à l’extérieur de la clôture avec une biodiversité naturelle excellente à l’intérieur de celle-ci (seules 2 à 3 essences sont présentes à l’extérieur de la clôture, contre 12 à l’intérieur).

La trouée de la parcelle 2 présentant un roncier important a, quant à elle, été abandonnée au gibier, présentant un gagnage apétant pour chevreuils et cerfs (pour infos, en 2013, près de 25 gagnages cynégétiques ont été recensés sur la forêt)

Le second arrêt s’est effectué sur un poste d’agrainage pour sangliers et cervidés en parcelle 50. Là encore, le Sous-Préfet a été surpris de constater l’ampleur des dégâts que pouvait présenter les sangliers sur l’érosion du sol aux abords de cet endroit, aussi l’ensemble de la régénération naturelle d’épicéa à proximité est régulièrement abroutie. L’effet de surprise s’accentue en sachant que le site se situe en zone de protection spéciale (ZPS) en faveur du grand tétras. La zone a également été abandonnée au gibier lors de la révision d’aménagement en 2014 sur 1 hectare.

Le troisième arrêt s’est effectué en parcelle 36, parcelle classée en régénération depuis 1994 (parcelle faisant partie d’un bloc de 91 hectares classés en régénération depuis plus de 20 ans)

Francis Meister a présenté le vieux peuplement de hêtre en mélange avec du sapin qui devient très clair et dépérissant. Les récoltes sont stoppées afin de maintenir un minimum d’ambiance forestière dans l’espoir d’une régénération naturelle de hêtre, sapin et épicéa. L’ensemble des semis de sapin présents sont abroutis par les cervidés, y compris le hêtre et l’épicéa.

André Schaeffer a confirmé la volonté de la commune de poursuivre son investissement, éventuellement dans l’engrillagement de plusieurs placeaux de 2 à 3 ha dans cette vieille futaie. Il a aussi insisté sur le fait que le dialogue devait être entretenu et accentué avec les chasseurs, surtout lorsqu’ils ont réalisé les minimas des plans de chasse et s’ils s’engagent pour atteindre l’équilibre forêt-gibier. La fin des baux de chasse en 2015 sera l’occasion de mettre tous ces problèmes sur la table avant de conclure les nouveaux baux qui nous engagent jusqu’en 2023

Béatrice Longechal a eu l’occasion de présenter la plaquette éditée par la filière bois (Fibois) sur l’évaluation du coût du déséquilibre forêt-gibier. En effet, même si l’épicéa s’installe à de nombreux endroits, le risque d’écorçage à l’avenir reste d’actualité et la bille de pied ne sera donc pas commercialisable en scierie …

Plaquette consultable sur :

www.fibois-alsace.com, rubrique Téléchargements,Publications, Forêt-Récolte


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